Café bio équitable au Costa Rica


Nous arrivons au Costa Rica et sommes accueillis par l’association APOYA qui regroupe une soixantaine de petits producteurs de café de la région de Turrialba, au centre du pays. Le « grain d’or » occupe une place majeure dans l’économie du Costa Rica qui a choisi de produire du café de grande qualité, 100 % arabica.

APOYA commercialise le café de ses membres de façon équitable sous la marque Naturalba, avec deux gammes : la première issue de l’agriculture biologique et la seconde en agriculture raisonnée. Nous comprendrons au fil de notre mission d’écovolontariat tout ce que cela signifie concrètement.





Pendant 2 semaines, nous travaillons au champ de café, accompagnés d’Alfonso et Victor. Notre mission consiste à nettoyer et entretenir la parcelle de démonstration de l’association, désherber à la main et à la pelle autour des plants de café et de cacao, et apporter du compost. Nous plantons aussi des bananiers dans le but de créer plusieurs strates végétales, selon les principes de l’agroforesterie, et reproduire ainsi la structure d’une forêt tropicale humide.

Sur la parcelle, on retrouve des piments, caféiers, cacaoyers, bananiers, et quelques érythrines. Ces associations permettent de créer un bon équilibre pour le sol et les plantes, favorable à leur croissance et à la préservation de la biodiversité. Les érythrines sont des arbres de la famille des légumineuses qui assurent 2 fonctions principales. D’une part, ils fixent l’azote dans le sol et le rendent ainsi plus facile d’accès pour les plants de café qui en ont besoin pour leur croissance. Et d’autre part, ils apportent de l’ombre sur la parcelle ce qui permet de limiter la pousse des plantes adventices (appelées « mauvaises » herbes) et de maintenir la fraicheur.




Au Costa Rica, les conditions climatiques (lumière, humidité, chaleur) sont très favorables pour la croissance des végétaux, y compris des plantes adventices qui poussent plus vite que les plants de café et les recouvrent si on ne les maîtrise pas régulièrement. Pour cela, plusieurs techniques ont été testées.

Des chèvres et moutons ont été utilisés pour pâturer sur les parcelles mais ceux-ci ont été affectés par des parasites et ont subi des attaques de coyotes.

Il est possible d’utiliser une plante de couverture qui tapisse le sol, mais les caféiculteurs sont réticents car la plante de couverture la plus appropriée ici, est associée, à tort, à la présence de serpents. Sur les parcelles de café bio, c’est donc une bonne gestion de l’ombre et un désherbage régulier à la machette et à la pelle qui est réalisé par les producteurs, comme nous l’avons fait pendant 2 semaines, et nous mesurons à quel point leur travail est dur et physique ! A défaut de pouvoir utiliser de la sciure, de la paille ou une autre couverture de sol, nous avons laissé sécher les mauvaises herbes pour s’en servir de paillage autour des plants de café et cacao, et limiter ainsi la repousse des adventices. Voilà une différence majeure avec les plantations de café conventionnelles, où les producteurs s'affranchissent de ces techniques et utilisent de façon régulière et massive des herbicides (glyphosate).


























Nous avons aussi la chance de passer une journée avec une jeune productrice de cacao membre d’APOYA, qui produit et transforme le cacao de façon artisanale. Quel plaisir de sentir le chocolat chaud et de le malaxer pour en faire des bonbons !


























Durant notre séjour, nous avons pu voir et comprendre toute la chaine de production du café, de l’entretien des plantations à la récolte, le séchage des grains sous serre, les processus de transformation, jusqu’à la torréfaction et l’empaquetage. Et sans oublier la dégustation du café fraîchement torréfié qui libère tous ses arômes… un régal ! Jérémy s’est même mis à boire du café alors qu’il n’aimait pas ça jusqu'à présent !

Et puis on a vu de façon concrète, que ce soit sur le plan humain, environnemental ou économique, ce qui se cache derrière le logo du commerce équitable « Fair Trade » apposé sur les paquets de café de Naturalba. En effet, le café est la première denrée agricole échangée dans le monde en termes de volume, il est côté en bourse et son prix fluctue en fonction des cours du marché international. Il y a 5 ans, le cours du café vert (non torréfié) était à 200 $ le quintal, alors qu’aujourd’hui il n’est plus qu’à 130 $. Or le travail des caféiculteurs et leurs charges financières restent les mêmes chaque année. Naturalba qui transforme et commercialise le café produit par les membres d'APOYA, privilégie la vente directe de café torréfié. La fabrique ne tient pas compte des aléas de la bourse et achète les grains de café vert aux producteurs au prix de 200 $ le quintal de façon à leur garantir une rémunération juste.



Alors que notre mission d’écovolontariat touche à sa fin, nous avons le sentiment d’avoir été utiles en contribuant à l’entretien de la parcelle de démonstration de l’association, qui avait grand besoin d’attention. C’est sans doute le travail le plus physique que nous avons fait parmi toutes nos missions d’écovolontariat. Mais nous étions largement récompensés par le café fraichement torréfié servi à la pause et au déjeuner !

De plus, cette expérience nous a clairement donné confiance dans les produits labellisés issus du commerce équitable et de l’agriculture biologique. En effet, les grains de café bio sont régulièrement contrôlés et analysés pour vérifier l'absence de produits chimiques. On serait bien restés plus longtemps entourés de toutes ces bonnes ondes ! Peut-être reviendrons-nous dans un an et demi, le temps nécessaire aux bananiers que nous avons plantés pour produire leurs premiers régimes de bananes.

Un grand merci à Marie, Kathya, Alfonso, Victor, Maïti, Maud, Solène et Isabel pour leur accueil si chaleureux, leurs sourires et leur bonne humeur chaque jour !












Pura vida APOYA Naturalba !


Pour en savoir plus sur l'agriculture biologique au Costa-Rica : Costa Rica, un paradoxe vert


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