Protéger la mer depuis la terre


Nous quittons les palmes et le lagon de Tahiti pour enfiler nos gants de jardinage sur l’île de Raiatea. Lors de notre précédente mission chez Tamari’i Pointe des Pêcheurs, nous vous parlions de sédimentation et d’invasion d’algues dans le lagon, causées par les pollutions des activités humaines sur terre (agriculture et rejets domestiques notamment). Aujourd’hui nous travaillons sur terre, dans une exploitation maraichère en permaculture, qui a pour but de limiter en amont ces impacts sur le lagon.



Vous rappelez-vous aussi des principes de l’agroécologie que nous avons appris chez Terre & Humanisme en septembre dernier ? Nourrir le sol pour nourrir les plantes, en limitant le travail du sol, en utilisant du compost, sans engrais chimiques ni pesticides, et en privilégiant la rotation des cultures pour éviter les attaques d’insectes, les maladies et l’épuisement des sols.

En permaculture, les mêmes principes de l’agroécologie s’appliquent mais avec un accent porté sur l’aménagement de l’exploitation au démarrage du projet, en respectant les courbes de niveau naturelles de la parcelle et avec un système de baissières. Il s’agit d’un réseau de rigoles avec une faible pente pour récupérer les eaux de pluie qui s’écoulent. L’eau qui s’accumule pénètre plus en profondeur, le surplus restant dans les canaux, permettant ainsi aux cultures d’avoir cette ressource à disposition sur une plus longue durée. Ainsi, les sédiments sont captés dans les baissières, ce qui limite l’érosion de la parcelle et les rejets dans le lagon.



L’exploitation de Vaihuti Fresh couvre 5 hectares de cultures : 1 hectare en maraîchage et 4 hectares d’arbres fruitiers, comptant 15 variétés. Il y a des ruches réparties un peu partout sur toute l’exploitation et le travail de pollinisation des abeilles permet d’augmenter la production de fruits et légumes de 20 % ! Le site est autonome en énergie grâce à des panneaux photovoltaïques. Il n’y a pas de réseau d’eau potable ; l’eau que nous buvons provient directement de la rivière, sans aucun traitement préalable. La recette du compost produit ici est à base de broyats de bois, d’herbe, de fumier (crottins de chevaux), arrosé avec une préparation de résidus de poissons broyés et de lactosérum (riche en azote, phosphore et calcium), auquel on ajoute un peu de tourbe de coco extraite des noix de coco. Et voilà de quoi produire 30 tonnes de compost chaque année, à apporter aux cultures. Et pour ne rien gaspiller et tirer profit au maximum de la nature environnante, les fibres de coco sont utilisées pour le paillage autours des légumes et des arbres fruitiers, pour limiter la pousse des « mauvaises herbes ».
















Pendant notre séjour, nous avons participé aux travaux agricoles de l’exploitation : broyer du bois, apporter du compost aux plantes, collecter les fruits et légumes (papaye, fruit de la passion, tomate, concombre, aubergine, haricot vert, piment…) pour les jours de marché et la préparation des paniers bio, laver ensuite les légumes, étiqueter et conditionner dans des sachets plastiques… Bon là, sur cette dernière étape, nous avons un peu de mal à comprendre le bienfondé de mettre en sachets plastiques les légumes pour une distribution locale sur l’île alors même que la gestion des déchets est une problématique très forte sur les îles et particulièrement en Polynésie. Ne pas polluer le lagon c’est aussi limiter sa production de déchets.





















































Peu à peu, nous nous rendons compte que les ouvriers agricoles avec qui nous travaillons et qui ont du mal à répondre à nos questions ne sont pas formés à la permaculture. Le responsable d’exploitation n’est jamais présent et nous peinons à apprendre des choses sur la permaculture, raison pour laquelle nous sommes venus ici.

Après avoir consacré notre premier après-midi au grand nettoyage avant de pouvoir nous installer (ce qui devient notre routine dans la plupart de nos missions), nous commençons rapidement à déchanter. Nous sommes logés dans des conditions très spartiates dans un hangar agricole envahi de moustiques, conçu pour le compost et non pas pour accueillir des personnes. On vous passe les détails, mais la propreté n’est pas au rendez-vous non plus. Nous arrivons vers la fin de notre aventure, et nous n’avons plus la foi d’accepter des conditions de logement et de vie qui frisent l’indécence.


























Sans remettre en cause l’intérêt et les bienfondés de ce projet, nous déplorons les conditions d’accueil et de vie, et le fait qu’il n’y ait aucune transmission ou explication sur la permaculture, objet de notre venue. Nous abrégeons donc notre mission au bout d’une semaine, et prenons quelques jours de vacances dans les îles voisines pour digérer notre déception et faire le plein d’énergie pour notre prochain écovolontariat dans une ferme perlière. Rendez-vous au prochain article pour connaître la suite !


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